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La réforme du CPF en 2026 : qu’est-ce qui change vraiment ?

Depuis l’activation de l’article 49.3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour faire adopter la loi de finances 2026, le secteur des auto-écoles est en état d’alerte. Le nouveau budget restreint fortement l’usage du Compte personnel de formation (CPF) pour le financement du permis de conduire, désormais réservé aux demandeurs d’emploi ou conditionné à un cofinancement par l’employeur.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte déjà tendu : l’aide de 500 euros destinée aux apprentis pour les cours de conduite a été supprimée, tout comme le dispositif de financement de France Travail, qui accordait jusqu’à 1 200 euros, arrêté au 1er avril. Pour Patrick Mirouse, dirigeant du réseau ECF, l’accumulation de ces décisions fait peser un risque social majeur.

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Selon lui, le secteur des auto-écoles ne sera pas le principal perdant. Le marché du permis de conduire, estimé à deux milliards d’euros, devrait conserver son niveau global. Chez ECF, le CPF représente environ 10 % de l’activité, un poids qui reste absorbable, même si certaines agences, notamment en région parisienne, y sont plus exposées. En revanche, les conséquences pour les salariés pourraient être lourdes.

Le cœur du problème réside dans la mobilité professionnelle. Le CPF, rappelle Patrick Mirouse, n’est pas une dépense publique directe, mais un droit financé par les cotisations des salariés et des entreprises. En restreindre l’usage revient, selon lui, à priver les actifs d’un outil essentiel pour maintenir ou faire évoluer leur emploi. Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, beaucoup risquent de ne plus pouvoir financer leur permis, pourtant indispensable dans de nombreux métiers et territoires.

 Aujourd’hui, près de 75 % des bénéficiaires du CPF pour le permis sont des salariés de plus de 25 ans. Supprimer cette solution simple et accessible, sans alternative claire, risque de pousser à des comportements à risque.

Face à cette situation, les auto-écoles attendent toujours les modalités précises du « cofinancement » par les entreprises. Montant, proportion, conditions : aucune information concrète n’a encore été communiquée. En attendant, ECF envisage de se rapprocher des branches professionnelles pour construire des solutions de financement adaptées, et de remettre en avant des dispositifs existants comme le permis à un euro par jour, qui permet d’étaler le coût sur la durée.

La période de transition inquiète particulièrement les professionnels. Depuis l’annonce de la réforme, les demandes ont fortement augmenté, provoquant un afflux dans les agences et une saturation des plateformes. Cette ruée alimente incompréhensions et tensions, avec des usagers reprochant aux auto-écoles de ne pas avoir traité leurs dossiers à temps. Pour Patrick Mirouse, cette situation révèle un problème de fond : en conditionnant l’accès au permis au statut de demandeur d’emploi, le dispositif pourrait paradoxalement inciter certains salariés à changer de statut pour financer une compétence pourtant nécessaire à leur travail.

 

On attend les prochaines étapes de la réforme dans les semaines à venir. 

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